Les filles, l’avenir du rugby haut-rhinois


Equipe féminine

Les deux ententes haut-rhinoises se sont installées durablement dans le monde de l’ovalie.

Avec deux ententes (Colmar/Thann et Chalampé/Saint-Louis), le rugby féminin haut-rhinois quadrille son territoire. Engagées en 3e division fédérale, elles participent pleinement au développement du rugby en Alsace. Avec une approche différente des hommes.

24 filles à Colmar/Thann, 23 pour Sud Alsace, les effectifs de chaque entente sont bien fournis. Et les méthodes de recrutement sont les mêmes, avec des affiches et le bouche à oreille : « Certaines parlent avec les femmes de joueurs durant les soirées… et c’est comme ça que ça commence », explique David Blans, l’entraîneur de Colmar/Thann. Une méthode qui fonctionne puisqu’elles n’étaient que 16 la saison dernière et que Sud Alsace enregistre l’arrivée de sept nouvelles filles. « On était d’abord avec Peugeot mais l’ACSP a arrêté. On partage les frais avec Saint-Louis et on est fier d’avoir une équipe complète à chaque match depuis deux ans », analyse Aimé Cartade, qui forme avec Guy Meyer le binôme à la tête de Sud Alsace.

« Ça papote mais elles ne rechignent pas »

Les filles sont âgées de 18 à 45 ans, il faut donc harmoniser le groupe « en faisant de l’initiation au rugby les premiers cours. Deux filles sont ensuite intégrées à chaque match pour la découverte », commente Aimé Cartade. Arrivant souvent d’autres sports, ces dames viennent pour « l’idée de solidarité et de collectif. Le plus dur est de fidéliser » complète David Blans.

Si certaines sont étudiantes et d’autres mères de famille, les deux techniciens s’accordent à dire que « ça papote plus que les hommes. Mais elles écoutent plus, veulent apprendre. Et elles ne rechignent pas ». Garder le niveau de concentration est plus difficile et l’approche mentale est différente : « Le jeu non plus n’est pas le même », admet David Blans.

Toutes ces difficultés restent néanmoins aux vestiaires, surtout lors des derbys : « Un derby est particulier car, avec David, on connaît chacun nos systèmes, poursuit Cartade qui a côtoyé Blans durant plus d’un an à l’entente Sud Alsace. Contre Sélestat, c’est différent : c’est une bonne équipe qui permet de nous mettre à niveau. » Outre Sélestat, le club phare du rugby féminin dans le quart nord-est, les deux ententes retrouvent en championnat les équipes parisiennes. Un niveau plus relevé et qui pourrait poser la question de la création d’un seul club haut-rhinois pour être plus fort : « C’est pertinent mais difficile à cause des distances. Si on veut quelque chose d’intéressant, il ne faut pas s’arrêter à deux villes. C’est aussi une affaire de personnes mais un tel projet, c’est le CD68 qui doit le mener », conclut le Thannois. En attendant, David Blans et Aimé Cartade préfèrent regarder l’avenir de leurs équipes et le définir en un mot : plaisir.

Y ALLER :

Entraînements le mardi au stade municipal à Chalampé (19 h 30) et à Thann (20 h), le vendredi au Stade de l’Au à Saint-Louis et à la Mittelhart à Colmar (19 h 30).