Chalampé sans terrain fixe


L’entraînement à Rumersheim, les matches à domicile à Ensisheim : l’AS Chalampé vogue de terrain en terrain depuis le début de la saison.

Les rugbymen de l’AS Chalampé sont deux fois orphelins. D’abord, parce qu’à la fin de la saison dernière, ils ont vu – à regret – partir leur ami et entraîneur Didier Mickalowa, lequel avait prévenu qu’il retrouverait sa liberté si l’ASC n’accédait pas à l’échelon supérieur. Ensuite, parce que les Rhénans n’ont pas terrain propre depuis le coup d’envoi de ce championnat.

Didier Juilleret, le secrétaire général du club, n’est, toutefois, pas plus traumatisé que ça : « Non, la situation n’est pas trop grave dans la mesure où nous étions prévenus. Il faut en effet savoir que, cette saison, la municipalité a entrepris de refaire notre terrain. En conséquence, nous ne pouvons nous entraîner, ni jouer chez nous. Et cette affaire durera jusqu’à la fin du championnat… » Contraints de faire contre mauvaise fortune, bon coeur (leurs petits soucis de l’heure sont générés par la bonne cause), les joueurs du président Guy Meyer voyagent donc d’un coin à l’autre du département. « Nos séances d’entraînement, les mercredis et vendredis, sont programmées sur le terrain de nos voisins de Rumersheim puisque s’il y a un terrain – éclairé, qui plus est – dans cette commune, il n’y a pas d’équipe pour autant.

Par ailleurs, nous jouons nos matches, les dimanches, chez nos amis du RC Ensisheim. Cela nous permet de voyager un peu, mais nous avons au moins le grand plaisir de pouvoir continuer notre activité tout en sachant qu’au début du prochain exercice, nous profiterons d’un terrain tout neuf. Et chez nous… » Les nouveaux « STF » – traduisez, Sans terrain fixe – du rugby haut-rhinois prennent donc leur mal en patience. Et, pour l’instant, ils se donnent tout entier à ce championnat qui ne leur a pas encore permis de vaincre : « Battus sur le fil à Remiremont pour l’ouverture, note Didier, nous n’avons pas eu de chance à Metz dimanche dernier. Vaincus sur tapis vert parce que nous n’avions pas assez de joueurs – un problème à la centrale nous a privés de tous nos EDF – nous nous sommes consolés en l’emportant sur le terrain (10-14). Mais pour du beurre, hélas ! »

Ces premiers avatars n’entament pas pour autant le moral et l’optimisme de ce dirigeant aussi précieux que dévoué : « Avec ses seniors, Robert Heitz, notre entraîneur désormais épaule par Guy Meyer – qui a renoncé à prendre une licence joueur – a d’autant plus de raisons de faire du bon travail que nous risquons d’être qualifiés d’office pour le championnat de France à quinze. Si j’ajoute à cela que nos effectifs de l’école de rugby n’ont jamais été aussi denses – nous avons même un -17 ans et deux -15 ans qui joue avec le Sud Alsace -, je ne vois pas pourquoi nous ne croirions pas en l’avenir… »